Aujourd’hui, un billet de fond sur la transformation des organisations et les enjeux liés aux matières premières du numérique.
Les acteurs du numérique sont amenés à échanger, capitaliser, enrichir un certain nombre de matières premières dématérialisées s’apparentant à de l’information ou à de la connaissance :
- des idées, des principes, des réflexions,
- des résultats d’interprétations,
- des documents bureautiques,
- des documents techniques et autres plans,
- des éléments multimédias,
- des bases de connaissances codifiées (know what sur une discipline, know why sur une expertise),
- des bases de savoir-faire qui ont été rendues explicites
- des astuces, des bonnes pratiques
- pour une population donnée ou pour tout un chacun,
- des informations exploitables directement (des méthodologies, des algorithmes informatiques, des formules scientifiques, etc.).
Ces nouvelles possibilités de connexions interindividuelles à l’échelle planétaire, quelles que soient les origines, les disciplines pratiquées, etc., se sont affranchies dans un premier temps des entreprises et de leur réseau interne.
Avec le développement des réseaux locaux d’entreprise non propriétaires, les mêmes services et usages vont pouvoir se développer dans les organisations et les influencer fortement. On parlera de services Intranet (Germain, 1998).
De manière parallèle, le développement des TIC a accru l’ouverture des systèmes d’information de l’entreprise et par conséquent de leurs frontières organisationnelles traditionnelles. En effet, alors que les systèmes télécoms classiques, point à point, ne permettaient pas des connexions inter-sites et inter-organisations sans contraintes, Internet permet, de par un média standardisé, de faire communiquer des individus liés à des systèmes d’information hétérogènes.
Une vague croissante de numérisation des inputs et outputs d’information et de connaissances de l’entreprise est plus qu’amorcée.
Elle offre une dématérialisation croissante des données entrant dans la gestion opérationnelle de ses activités. De plus, elle développe des outils répondant à des besoins fonctionnels imposés par les enjeux de la société de l’information et de la connaissance.
La première dimension relève les données de gestion issues des processus fondamentaux de l’entreprise. Aussi, l’entreprise dématérialise l’ensemble des données permettant la réalisation d’une tâche de production d’un produit ou d’un service.
La seconde dimension évoquée suppose la gestion des activités humaines complémentaires à celles effectuées dans la première. Des outils TIC sont alors indispensables. Ils offrent un nouveau champ numérique de communication et de collaboration.
Les matières premières numériques font donc évoluer les processus et l’organisation de l’entreprise. Le schéma ci-après donne une représentation leur influence.
Les agents naviguent indifféremment entre des espaces de diverses natures - Internet, Intranet et Extranet – selon leurs besoins, les finalités qu’ils recherchent et les volontés d’échanges qui les animent. Ces espaces se positionnent dans un champ virtuel où les deux principaux usages relèvent de la communication et de la collaboration.
Dans le premier cas, les usages de communication relèvent de besoins de partage d’informations (sur une stratégie, sur une politique commerciale, etc.), de contenus généraux (des actualités, des présentations sur des divisions d’une entreprise, des projets, de mise en valeur d’une réussite, d’une compétence, etc.) et de contenus spécialisés (présentation des fonctions dans une organisation sous la forme de who’s who, contenus techniques, modes opératoires, procédures, plans, etc.).
Dans le second cas, les usages de collaboration s’appuient sur les premiers usages de communication et les complètent par des besoins d’échanges, de travail en groupes, d’échanges dans le cadre de résolutions de problèmes, dans le partage de bonnes pratiques, etc.
Ces usages s’inscrivent dans un champ numérique où des collaborateurs ont la possibilité de communiquer vis-à-vis de un à n destinataires comme ils peuvent collaborer autour d’un sujet donné dans la même logique. Ce champ est ainsi un support à de nombreuses interactions et autres fertilisations croisées entre des individus utilisant les outils associés. Ils répondent - pour les entreprises voire directement pour leurs collaborateurs – à de nouveaux enjeux internes et externes liés aux ressources humaines et à de nouveaux besoins de flexibilité.


Frédéric CREPLET est docteur en Sciences de Gestion. Il est Professeur Associé des Universités (Université Louis Pasteur de Strasbourg), intervenant pour le compte d’HEC Montréal, et membre du BETA. 












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